De Charles X à la Révolution de 1830

Les Carrières

Le nombre de carriers augmente considérablement. Nous en trouvons vingt des familles Beaumont, Gardien, Thibeaux, Lasnier, Chevreau, Lerat, Monceau, Chartier, Lavandier, Petit et Poirier. Huit maître-carriers (J.B. Petit, J.J. Pierson, C.J. Bardoux, G. Thibeaux, L.G. Vaumoins, J.J. Blin) apparaissent et sont les patrons des carrières de grès et de meulière. Cela révèle l’essor des constructions en pierre et l’agrandissement du réseau routier.

Beaux jardins et ménagerie

Plan Schmidt (1785) du château de Villebon.

Que ce soit chez le Comte de Montesquiou-Fezensac, avec un jardinier Pierre-Denis Ferté venu de l’Aube, ou chez les propriétaires Farmain de Sainte-Reine, avec Jean-Baptiste Michelet et Chartes Gourlier, les jardins sont créés, agrandis et embellis. Les professionnels, très recherchés, vont se perfectionner auprès de grands botanistes ou pépiniéristes. Le jardinier agronome André Thouin, mort en 1824, fait augmenter singulièrement le nombre des végétaux et des cultures au Jardin des Plantes, jusqu’à 6 000 plants vivants. Il organise les nouvelles plantations avec un réseau de jardiniers dont Villebon fait partie. L’attrait du Comte Alfred de Montesquiou, familier du roi Charles X, pour la nature et les animaux explique sans doute qu’il se soit installé au château de Villebon, proche de Paris, en pleine campagne. Il favorise le développement des jardins par les relations de ses jardiniers avec ceux du Jardin des Plantes à Paris et du château de Versailles. Dès 1785, il développe la ménagerie installée au fond du parc. Quels animaux étaient présents ? Le succès de ces nouvelles passions est attisé par le périple de la girafe offerte au Roi par le Vice-Roi d’Égypte Méhémet. Elle part de Marseille à pied. Avant d’arriver au Jardin des plantes à Paris en juin 1827, elle est passée en Essonne, à Maisse, à Ste-Geneviève-des-Bois et tout près de Villebon au cours du mois de mai, probablement par la RN 20 ou des chemins proches.

Les enfants

Un précepteur, Nicolas Peltier, enseigne aux enfants des Montesquiou nés au château : Eugène Raymond, le 30 août 1827, Joseph Arthur, le 16 juillet 1829...
Les prénoms féminins révèlent la mode des fleurs, ainsi Gilia Bardoux, née en mai 1828. La fleur Gilia est ainsi nommée par son découvreur espagnol, Gil Ruiz, qui mena une mission sur la flore au Pérou et au Chili de 1777 à 1788. Il était accompagné de José Antonio Pavon et du naturaliste français Joseph Dombey, découvreur du quinoa. Le prénom masculin Athanase (immortel) se répand en souvenir de Paul Athanase Fouché (1801), fils de Joseph Fouché, ministre de la police de Napoléon.
Mais des enfants continuent de venir en nourrices à Villebon et souvent mourir, une dizaine en cinq ans. Entre 1820 et 1830 les naissances augmentent de 30 %, les décès de 50 %...

La révolution gronde

Début 1830, après un hiver rigoureux et plusieurs années de maigres récoltes, l’élection d’un parlement plus libéral contre un roi trop dur suscite l’inquiétude. Les 27, 28 et 29 juillet 1830, des émeutes se déclenchent, appelées Révolution de juillet ou des Trois Glorieuses. Paris crie « Vive la République ! ». Mais la seconde Révolution française chassera Charles X, qui embarquera sa famille pour l’Angleterre, pour installer le 9 août 1830 la monarchie de Juillet. Le duc d’Orléans devient le roi Louis-Philippe 1er.

Pour l'Atelier d'histoire locale
et de valorisation du patrimoine
"Le temps des cerises"
de la MJC Boby-Lapointe
Pierre Gérard