La poste, l'école et le choléra

Louis-Phiippe 1er, roi des Français du 9 août 1830 au 29 février 1848 dans un pays en profondes mutations sociales, économiques et politiques, a tenté de le pacifier par un régime parlementaire, permettant à la bourgeoisie de gérer munufactures et finances, ce qui  fut nommé la révolution industrielle. Ce fut au prix de la paupérisation des paysans et des ouvriers et de la négation des aspirations de toute la société française.

Le service rural de la poste

Canotier de facteur rural (tenue d'été , début du XXe siècle).

En juin 1829, le roi Charles X avait signé la loi sur le service de la poste rurale, afin de doter toutes les communes de la levée et de la distribution du courrier dès le 1er avril 1830. En plus des bureaux de distribution supplémentaires furent installées des boîtes aux lettres dans les 35 000 communes encore dépourvues. Pour le service de ces boîtes, 5 000 facteurs ruraux ont été recrutés. Le facteur distribue tous les 2 jours, puis chaque jour à partir de 1832, marchant en moyenne 32 km par jour. Nicolas Avenel, 55 ans et son fils Nicolas, 33 ans sont des facteurs ruraux de Villebon en 1835.

Pli levé le 25 juin 1842 de la boite rurale A (marque ronde A) de Longjumeau. Taxe fixe rurale d’un décime (marque ovale rouge ID) soit 10 centimes

Les maraîchers

Le premier maraîcher connu de Villebon, Louis Garouste et sa femme Geneviève Promé, sont marechays en 1784. Leur fils Louis Garouste, maire, est cultivateur et marécher en 1793. En 1831 Charles Laurent, 62 ans, est maraîcher à Villebon avec son fils Jean Hugues Laurent, 26 ans.

L'école

Le première école est construite en 1793 : c'est l'ancien presbytère du village actuel. Le premier instituteur connu est René Chenu (1763-1744). Puis, en 1786, Antoine-François Maigrot, en 1790, Dominique Hermant (1745-1793) à la "maison des petites écoles", Augustin-Etienne-François Carbonnier, en 1797 et Denis-Blaise Parant en 1808. Louis Ambroisse Avenel, cousin des Avenel facteurs ruraux ou clerc de notaire, né le 10 mai 1797 à Palaiseau, époux de Marguerite Chartier et décédé le 16 février 1847, sera instituteur de 1829 à 1847. Il est un temps conseiller municipal et témoin de 71 actes sur 206. Notons que 25 pères de famille sur 206 déclarent ne pas savoir signer : 7 journaliers, 3 tisserands, 1 couvreur en paille, 6 cultivateurs, 5 carriers, 1 cabaretier, 1 garçon boulanger.

Le choléra

Bas-relief de l'épidémie de choléra de 1832 à Paris. Sépulture Pailloux.

En 1832, l'épidémie de choléra installée dès 1830 à Moscou et à Berlin en 1831, arrive dans la région de Paris. Il fera 18 000 victimes cette année-là ! Entre avril et septembre 1832, de nombreux Parisiens sont atteints dont la moyenne d'âge est 47 ans. Il n'atteint ni les très jeunes, ni les anciens. A Villebon, le nombre de décès des années 1832 (22), 1833 (21) et 1834 (20) est doublé. Est-ce le choléra qui passe ? Les actes d'état-civil ne le mentionnent pas ... mais on peut supposer que l'épidémie est parvenue au sud de Paris.

53 personnalités sont mortes en 1832 du choléra, dont les généraux FJ Gérard, PY Daumesnil, AVF Piscatory, l'anatomiste Georges Cuvier, le physicien Sadi Carnot, le botaniste AHG Cassini, l'orientaliste AL Chézy, l'officier C. von Clausewitz, l'architecte Claude Jeffroy d'Abbans, le peintre JB Desoria, l'oenologue A. Jullien, la navigatrice Rose Marie Pinon, le maréchal de France JB Jourdan et JD Blanqui.

En Valachie

Le sieur Jean Dango, cordonnier, veuf d'une Palaisienne, 55 ans, épouse la Villebonnaise Demoiselle Apolline-Victoire Lerat, 43 ans. Ayant été fait prisonnier de guerre, il ne peut pas produire son acte de naissance : il est né dans une province alors partie de l'empire d'Autriche, l'Olténie, en Valachie, une région qui, avec la Moldavie, formera la Roumanie en 1859.

Un mot pour finir, le prénom René se répand, et il se prononce Réné, à la manière dont nos cousins québécois le disent encore.

Pour l'Atelier d'histoire locale
et de valorisation du patrimoine
"Le temps des cerises"
de la MJC Boby-Lapointe
Pierre Gérard