Napoléon Ier Empereur (1804-1809)

En 1804, l'amiral Nelson a promu l'Angleterre comme reine des mers. Napoléon Ier couronné le 2 décembre 1804 à Notre-Dame de Paris, doit s'imposer sur terre contre la coalition austro-russe. La Grande Armée lui offrira sa plus grande victoire sur terre. Le 2 décembre 1805, il remporte la bataille d'Austerlitz, aujourd'hui en République tchèque, contre l'empereur François II du Saint-Empire romain germanique et l'empereur russe Alexandre Ier.

A Villebon

Le nombre des  naissances chute de 24% par rapport aux années 1794-1804 (100). Celui des décès augmente de 17% (102), celui des mariages  de 1,5% (25). Dès le 3 janvier 1806 (13 nivôse an XIV), le calendrier républicain n'est plus utilisé dans l'état civil de Villebon. Le curé  de Villebon, Denis Leblanc, meurt à 81 ans le 7 septembre 1806. Son neveu, Louis Leblanc, 36 ans, est marchand bonnetier à Villebon.Il est adjoint au Maire et signe comme officier d'état civil à partir du 11 janvier 1806. Nicolas Trelat, qui fut en 1792, an Ier de la République, le premier officier public de Villebon, puis délégué du canton en 1796, meurt à 77 ans le 14 septembre 1806. Louis Garouste, Maire de 1790 à 1808, est remplacé à partir du 30 mai 1808 par un nouveau Maire, le chevalier de Saint Louis Antoine Farmain de Sainte Reine, ancien officier de cavalerie, né à Paris le 19 novembre 1766. Mari d'Eulalie Guindre, il décédera veuf à Villebon le 23 avril 1849.

Les métiers

Les cultivateurs restent les plus nombreux : 78 familles. Les journaliers (ouvriers agricoles) représentent 44 familles, 4 vignerons, 5 jardiniers, 1 treillageur, 1 carrier venu de l'Aube qui décède à 44 ans. Les cabaretiers du village sont des cultivateurs : Pierre Claude Jacquier et François Joseph Garouste. Quelques artisans : Jean Jay, menuisier ; Jacques Fleuriette, tisserand. Des propriétaires aisés sont installés à Villebon, comme Lambert Marie Vernay, d'une famille d'origine lyonnaise.

Bataille d'Ostrolenka

La bataille d'Ostrolenka (Pologne) par Karol Malankiewicz.

Le brillant combat d'Ostrolenka (Pologne)

Le 16 février 1807, les troupes napoléoniennes, menées par les généraux Oudinot et Savary, l'emportent sur celles des russes commandées par le général Ivan Niokolaïevitch Essen. Ces dernieres comptent 1 200 blessés et 1 300 tués, dont deux généraux. Les Français dénombrent 500 blessés et 60 tués. Parmi ces derniers, Charles Promé, premier canonnier à la 17e compagnie du 1er régiment d'artillerie. Il décédera le 17 février dans l'ambulance des blessures reçues au combat. Le général de brigade italien François Frédéric Campana, au service de la France depuis 1794, est tué. Il sera distingué commandant de la Légion d'honneur. A la suite de cette bataille, le général Nicolas-Charles Oudinot est fait comte d'Empire et le général René Savary est décoré de la Légion d'honneur. La bataille d'Ostrolenka est mentionnée sur l'Arc de Triomphe à Paris.

Cinq Villebonnais morts au combat

Outre Charles Promé, ces années verront quatre autres jeunes de villebon mourrir. Jean-Marie Garat, 29 ans, du 35e régiment d'infanterie de ligne, décède le 18 décembre 1805 à l'hôpital de Mons (Belgique). Louis Maillot, fusilier au 75e régiment d'infanterie de ligne, meurt le 15 février 1806, des suites d'une fièvre à l'hôpital Arbeitshaus (Leipzig). Le fils de Philippe Feuillâtre, cultivateur, et Margueritte Berger, Cosme Feuillâtre, voltigeur au même 75e régiment d'infanterie, décède quant à lui le 18 avril 1807, de lieutérie (diarrhée) à l'hôpital militaire d'Ardres (Pas-de-Calais). Enfin, Claude Millet, voltigeur au 91e régiment d'infanterie de ligne, meurt le 26 février 1810 d'une fièvre à l'hôpital de Zara (Zadar, Croatie).

Pracomtal et Froissard

Monsieur Alexandre Bernard Pierre de Froissard, propriétaire, demeurant à Dôle (Jura), 40 ans, dont l'hôtel (1610) se visite encore de nos jours, et le fils de la marquise Monsieur Léonor Anne Gabriel de Pracomtal, 35 ans, demeurant 32 rue Saint Guillaume à Paris, sont les descendants de familles nobles. Ils se retrovent à Villebon pour témoigner à deux naissances, celles d'Alexandre Louis Chrétien (8 décembre 1809) et de Marie Anne Marguerite Mortier (14 décembre 1809).

Du grand Empire à la Restauration (1810 - 1819)

Entre le 6 janvier 1810 et son abdication définitive, l'empererur Napoléon vécut tous les honneurs et toutes les humiliations . Marie-Louise d'Autriche lui donna en 1811 un fils, dit Roi de Rome. En 1812 le Grand Empire était à son apogée. La France comptait 134 départements, celui de Mont Tonnerre comprenait la ville jumelée de Liederbach. Napoléon  engage les Campagnes de Russie puis d'Allemagne, qui se termine le 31 mars 1814, Alexandre 1er entrant dans Paris par la Porte Saint-Martin. Le 20 mars 1815, revenu triomphant de l'Ile d'Elbe, Napoléon est au Tuilleries. Après les Cent-Jours, il abdique le 22 juin 1815. De 1815 à 1819, Louis XVIII restaure la royauté.

L'entrée à Paris d'Alexandre 1er par la Porte Saint Martin, artiste inconnu

La population

Quand Villebon compte 700 habitants, Villejust et Saclay en dénombrent 400, Marcoussis 500, Orsay 800, Saulx-les-Chartreux 1 100, Palaiseau 1 600, Longjumeau 2 000. Les décès d'enfants (0 à 15 ans) sont particulièrement nombreux en 1814 et 1815 (18 sur 29 décès). Conséquence des guerres ?

Les Maires de Villebon

Antoine-Charles Farmain construit une maison de campagne en 1806 aux Casseaux. Il décède en 1812. Son fils Antoine Adolphe Farmain de Sainte Reine, sous-intendant  militaire (né en 1766 à Paris, mort  le 23 avril 1849 à Villebon), sera maire de mai 1808 à novembre 1815, puis de septembre 1843 à son décès (avril 1849).

Sébastien-Jean Michelet, concierge du château de Villebon, épouse Marie Chrétien, Maire de novembre 1815 à mars 1817, il est né Epinay-sur-Orge en 1758, fils de Jean-Baptiste, jardinier chez de Mailly, et de Marie-Jeanne Jupinet.  Son parrain, Jean Michelet, est concierge du château de l'Aulnay (Orsay). Il décède le 7 mars 1817 à Villebon. Son fils Jean-Baptiste Michelet, pépiniériste, meurt en 1819. Son cousin Pierre Mouton est percepteur des contributions directes d'Orsay.

Monsieur Joubert est maire de Villebon à partir de novembre 1820, mais il est malade. Son adjoint Lamant assure l'état civil de janvier 1821 à août 1843.

Des personnalités à Villebon

Un Colbert

Demoisselle Pauline Leclerc de Juigné, demeure à Villebon depuis huit mois. Le 21 avril 1812, elle épouse Edouard, Victurnien Colbert, descendant du frère du grand Colbert, propriétaire à Paris, ministre plénipotentiaire, veuf d'Anne de Quengo de Crenolle, décédée en 1793 à Bruxelles. 

Un Baron prussien

Agent diplomatique comme beaucoup de membres de sa famille, le baron Frédéric de Goltz, représente le roi Frédéric de Prusse à Paris. Il est de passage à Villebon en avril 1814, où il témoigne à la naissance de Louise, fille de Jacques Voisel et de Catherine Fontaine. 

Une Dame Loréal

Marie-Anne Loréal, mère du parisien Pierre-Charles Darmon qui épouse Marie-Angélique Marchand, née à Villejust, fille de Martin Marchand, natif de Saulx-les-Chartreux. 

15 militaires, dont 10 meurent au combat

Les guerres napoléoniennes mobilisent beaucoup de jeunes Villebonnais. Jacques Dorat, 26 ans, est réformé suite à une blessure (1810, Casseaux). Pierre Louis Jacquier, 23 ans, soldat au dépôt à Versailles, épouse Elisabeth Prévost en août 1815, réformé de la Gendarmerie Royale. Vincent Beaumont, canonnier des vétérans, épouse Marie-Louise Moulin en août 1815. Nicolas Le Comte, soldat de la Garde Nationale, est présent pour la  naissance de ses jumelles Marie et Rosalie, en janvier 1813 et leur décès quelques jours plus tard. Charles Débonnaire, chirurgien d'Infanterie légère, Paris 10e, est père de Joséphine, en nourrice chez Pierre Saussois. Pierre-Louis Breton, lancier au 1er Régiment du roi, épouse en août 1815 Marie-Anne Toupet. Nicolas Avenel, au Régiment du roi à Paris, est présent à la naissance d'Emée-Sophie, en février 1815.
Le voltigeur Claude Millet, meurt à l'hôpital de Zara (1810). Jean Lavandier, infanterie de ligne, meurt le 15 mai 1803 à l'hôpital de Cayes (Saint Domingue, Haïti au 1er janvier 1804). François Berger, infanterie de ligne, meurt le 15 décembre 1802 à l'hôpital du Môle St Nicolas (Saint Domingue). Jean Jaquier, fusillier, décède à Dresde le 1er juin 1813. Jean-François Coudrai, infanterie de ligne, meurt de fièvre en novembre 1813 à Dresde. Jean-Baptiste Rossignol, chasseur, meurt de fièvre à l'hôpital de Sélestat, le 16 juillet 1814. Simon Fontaine, fusilier, décède à l'hospice de Nyoiseau (Maine-et-Loire), le 25 avril 1795.

Pour l'Atelier d'histoire locale
et de valorisation du patrimoine
"Le temps des cerises"
de la MJC Boby-Lapointe
Pierre Gérard