Saint Vincent de Paul

Un simple berger... puis un esclave

La vie de Vincent de Paul ou Vincent Depaul est proprement extraordinaire. Né le 24 avril 1581 au hameau de Ranguines, village de Pouy près de Dax (Landes), fils de Jean, petit exploitant agricole, et de Bertrande de Moras de petite noblesse locale, il est d'abord berger gardant moutons, vaches et porcs. Son père l'envoie au collège des Franciscains, espérant ainsi qu'il pourra un jour compléter les revenus familiaux. Mais en 1605, il se rend à Marseille pour un héritage. Au retour par mer, Il est capturé par des pirates qui l'emmènent à Tunis et le vendent comme esclave. En 1607, Il s'évade en compagnie de son maître. Ils abordent à Aigues-Mortes et rejoignent Avignon où Vincent devient prêtre. Il rencontre le Légat pontifical Scipione CaffarelIi-Borghese (1607-1621) qui le charge d'une mission secrète auprès d'Henri IV. Il réussit, au point de devenir en 1610 le Père Vincent, aumônier à la cour de la Reine Margot (1553-1615), épouse d'Henri IV jusqu'en en 1599. En 1613 II est engagé par Emmanuel de Gondi, général des galères de France, devenant précepteur de ses enfants, et Madame de Gondi le prend pour directeur de conscience. Mais son poste de précepteur des Gondi ne tarde pas à lui peser. Il postule pour une paroisse rurale à Châtillon-les-Dombes (Ain) où II découvre la grande misère des campagnes françaises.

Il rencontre Bérulle

En janvier 1617, Vincent de Paul a 36 ans et traverse alors une grave crise spirituelle et morale. Il rencontre le prêtre Pierre de Bérulle, chef du Conseil de la Reine Mère, Marie de Médicis. Celui-ci vient de refuser le préceptorat du futur Louis XIII et a créé la Société de l'Oratoire de Jésus en 1611, sur le modèle de celle de Philippe Néri à Rome. Bérulle fait découvrir à Vincent Depaul les devoirs du prêtre. Membre Influent du parti dévot, Pierre de Bérulle est un proche d'Henri IV, aumônier de Charles Ier d'Angleterre pendant la première année de son séjour en Angleterre, qui réconcilia Louis XIII avec sa mère, Marie de Médicis, et fut nommé conseiller d'État, mais en raison de sa politique favorable à l'Autriche et opposée à celle de Richelieu, celui-ci l'avait rapidement écarté.

Il fonde des Congrégations

Curé de Clichy, il fonde, avec les dames aisées de la ville, les Dames de la Charité, et en 1619, il devient aumônier général des galères. En 1625, grâce au soutien financier de Madame de Gondi, il fonda, la Congrégation de la Mission. Vouée à l'évangélisation des pauvres des campagnes, la congrégation prendra le nom de "Lazaristes" parce qu'elle fut installée dans le quartier dit, l'enclos Saint-Lazare à Paris, Vincent formera de nombreux prêtres, dans le séminaire de la Mission. La congrégation reçoit de nombreux dons en argent de la Cour et des grands, héritant même d'exploitations agricoles : en Essonne les fermes d'Orsigny (Saclay), de Mespuits et de Frenneville (Valpuiseaux).
Cliquez pour agrandir l'imageVestiges (portail et porte piétonne en grès taillé) à l'entrée de la ferme d'Orsigny (Saclay) construites au XVIIe siècle, pour les Lazaristes de Saint Vincent de Paul.
Il rencontre Louise de Marillac, nièce du chancelier royal Michel de Marillac et du maréchal Louis de Marillac, arrêtés tous deux et condamnés à mort par Richelieu, après la "Journée des Dupes" du 10 novembre 1630. Fille naturelle d'un grand seigneur, elle fut élevée par les religieuses dominicaines de Poissy. En 1633, il fonde avec Louise de Marillac la "Compagnie des Filles de la Charité", appelée communément Sœurs de Saint Vincent de Paul. Louise, supérieure de la nouvelle communauté, oriente les sœurs vers tous les exclus de son temps : elle crée des petites écoles pour les fillettes pauvres ; elle organise l'accueil et l'éducation des enfants trouvés ; elle développe la visite à domicile pour les malades pauvres. Vincent Depaul est infatigable : il parcourt les chemins, envoie des "filles de la Charité" soigner et secourir les pauvres à l'Hôtel-Dieu de Dourdan et devient une figure populaire incontournable.

Il entre à la Cour royale

Son influence est telle qu'il sera nommé au "Conseil de Conscience", le conseil de régence pour les affaires ecclésiastiques, par la régente Anne d'Autriche dont il est également le confesseur. Et Louis XIII voulut être assisté par Vincent Depaul dans ses derniers moments, jusqu'à mourir dans ses bras le 14 mai 1643.

Son rôle politique

Le parti des dévots, les réformateurs catholiques, auquel appartient Vincent de Paul l'amène à prendre des positions qui confinent à la candeur : partisan d'une paix impossible avec l'Espagne, propagateur de la rumeur lancée propagée par les pieux évêques Augustin Potier, de Beauvais et Cospéan, de Lisieux, sur les amitiés de la reine et de Mazarin, et même adversaire du développement du théâtre considéré comme divertissement impie... On comprend que Mazarin rudoie Vincent de Paul qui semble mépriser les raisons de la guerre civile que constitue la Fronde. Il ne se préoccupe que des souffrances endurées par les plus pauvres. Lors du blocus de Paris, alors que la Seine roulant des glaçons inonde l'île de la Cité, les assiégés subissent la famine et manquent de bois. Les paysans des environs prennent de très grands risques pour fournir du blé ou de la viande qu'ils vendent à prix d'or. Ces porteurs de vivres dans des hottes à dos d'hommes font un travail de fourmis, mais finissent parfois dans la Seine !

Autour de Paris, c'est la double peine : les troupes royales comme les armées frondeuses ayant besoin de nourriture et de fourrages, dévastent les campagnes. L'armée royale n'est pas constituée de soldats mais d'ouvriers chômeurs et de paysans chassés de leur village par les troupes.

En 1650, Vincent Depaul fit conduire un troupeau de moutons de la ferme d'Orsigny (Saclay) à la ferme de Frenneville (Valpuiseaux) pour empêcher qu'ils soient saisis par les armées royales.

Cliquez pour agrandir l'imageFerme d'Orsigny à Saclay : les cellules des moines Lazaristes.
En 1652, Vincent envoya des prêtres Lazaristes en renfort dans notre région : Palaiseau, Villebon, Champlan, Saulx et à Étampes pour enterrer les morts et soigner les misérables des guerres de la Fronde. En février mandaté par les "dévots", il se rendit à Saint-Germain-en-Laye pour implorer la pitié de la reine et du cardinal. Mais il fut fermement repoussé par Mazarin à qui il demandait naïvement de démissionner, alors que les Frondeurs étaient en train de perdre leurs principaux points forts : Corbeil, Charenton, Brie-Comte-Robert...

Ses dernières années

En 1657, il fonde un hospice pour les personnes âgées, qui deviendra l'hôpital de la Salpêtrière. Décédé le 27 septembre 1660, il est inhumé en l'église Saint-Lazare, partie de la maison Saint-Lazare du faubourg Saint-Denis, dans un caveau creusé au milieu du chœur de la chapelle. Béatifié par Benoît XIII le 13 août 1729 et canonisé par Clément XII le 16 juin 1737, son corps est actuellement exposé dans la Chapelle des Lazaristes, 95, rue de Sèvres, à Paris 4e. Les successeurs de Saint Vincent de Paul viendront à Villebon, 277 ans après. La Congrégation de la Mission a acheté le château en 1937, mais c'est une autre histoire, à suivre.


Pour l'Atelier d'histoire locale
et de valorisation du patrimoine
"Le temps des cerises"
de la MJC Boby-Lapointe
Pierre Gérard


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